"La Liberté" dans notre jardin

Publié le par miguelbechet

Merci au journal "La Liberté". Belle occasion de discuter de notre départ avec la journaliste Florine de Torrenté et le photographe Alain Wicht.

Merci au journal "La Liberté". Belle occasion de discuter de notre départ avec la journaliste Florine de Torrenté et le photographe Alain Wicht.

A une semaine du départ, Miguel Bechet raconte son futur projet familial: le Caucase à vélo
«On ne se fixe aucun itinéraire»

Voyage L C’est à l’ombre d’un
arbre, dans un jardin un peu
sauvage, où des théières sont
suspendues au cerisier, que
Miguel et sa famille sont réunis.
Des enfants gambadent
dans l’herbe, un café noir et
des tranches de gâteaux sur la
table, tout semble parfaitement
normal et paisible pour
une journée estivale. Sauf que
l’heure est à l’excitation pour
ce cameraman avide de
voyages. Lui, sa femme et ses
deux filles s’apprêtent à arpenter
la Géorgie pendant dix
mois – pour idéalement rejoindre
l’Iran – à la seule force
de leurs jambes qui tourneront
les pédales de leurs quatre vélos.
Il ne reste qu’à terminer de
débarrasser leur appartement
en ville de Fribourg. Ils ont
prévu de le sous-louer à des
amis.
Miguel, vous n’en êtes pas
à votre première expédition.
D’où vous vient cette soif
de périples?
J’ai commencé à voyager très
tôt. Vers vingt ans, je me suis
rendu en Irlande du Nord.
C’est d’ailleurs là que j’ai rencontré
ma femme. J’ai ce souvenir
de moi, jeune adulte,
sortant de mon territoire – et
donc de mon confort – partant
à la découverte du monde. A
cet instant, j’ai compris que
tout était possible et c’est làbas
que j’ai réellement appris à
vivre. Depuis, je ne me suis
plus arrêté.

Justement, pensez-vous pouvoir
vous arrêter un jour?
Non, s’il n’y avait que moi, on
partirait plus souvent (il sourit).
Pour quelqu’un qui est nomade,
c’est plus difficile de rester
ici que de voyager. Mais
c’est important pour moi
d’écouter les autres et de me
demander si mon rêve est véritablement
le leur.
Vous avez toujours voyagé
à vélo?
Non, l’idée nous est apparue
lors d’un précédent voyage.
On a traversé la Russie et la
Mongolie pour rejoindre la
Chine. Mais on était à pied,
avec 30 kg de bagages sur le
dos et du matériel vidéo à
transporter. Arrivés en Chine,
on s’est dit que ce n’était plus
possible. Faute d’obtenir des motos électriques – il fallait
repasser un permis –, on a
cherché un véhicule qui s’en
rapprochait et c’est le vélo qui
l’a emporté.
Et vous n’êtes plus redescendu
de votre selle…
En effet, ça devient vite une
drogue. Pédaler, c’est discret,
écologique, ça permet de parcourir
de jolies distances et
surtout, ça nous encourage à
sortir des sentiers battus.
Deux enfants sur les pédales,
ça ne ralentit pas trop?
La performance sportive ne fait
pas du tout partie de notre objectif.
Le but est de faire un petit
trajet, de s’arrêter et de camper,
mais on ne se fixe aucun
itinéraire. Tout dépend de l’accueil,
du paysage et surtout de
l’envie.
Un tel voyage demande-t-il une
condition physique élevée?
Il faut une certaine endurance,
c’est sûr. Mais elle vient surtout
pendant le voyage. On voit
rapidement les progrès. Je sais
déjà que je vais perdre 10 kg. Le
climat et l’effort réduisent la
faim, on doit parfois se forcer.
On consomme surtout énormément
d’eau.
Jamais de vin?
Ça nous est déjà arrivé de fêter
le soir, accueillis par des
habitants qui nous font déguster
leurs alcools locaux.
On est parfois l’attraction du
village. Les gens nous voient
arriver à vélo et ils pensent
qu’on est fous. Ils savent qu’on
vient d’un pays riche et ils
nous demandent pourquoi on
fait ça.
Et pourquoi vous faites ça?
On cherche à éviter les lieux
touristiques. J’ai besoin de ma
dose de rencontres, d’observation,
d’être amené à découvrir
ce qui touche à la culture traditionnelle.
C’est surtout dans
les campagnes que l’on trouve
ça, d’où le choix du vélo.
Quand on est passionné
de vidéo, filmer l’aventure
est une évidence?
Je filme surtout pour me souvenir,
pour témoigner. Mais je
garde toujours à l’esprit l’ordre
de mes priorités: d’abord il y a
ma famille et le voyage, ensuite
la vidéo. Mais c’est vrai qu’associer
les deux, c’est presque le
Nirvana!
Mais en fait, pourquoi
la Géorgie?
C’est une région que l’on ne
connaît pas. On avait vraiment
envie de visiter l’Iran,
mais on ne voulait pas commencer
le voyage en Iran. La
Géorgie est donc plutôt notre
point de départ que notre
destination.

 

TUT TUT LAISSEZ-PASSER!
«Imaginez-nous il y a quatre
ans, en Asie du Sud-Est, au
beau milieu d’une concentration
de scooters et de voitures
qui klaxonnent pour dire bonjour,
merci ou attention. Difficile
de se faire une place sur
nos deux-roues. On a donc
investi dans ce gigantesque
klaxon de camion. Il nous a
été très utile. Pas seulement
pour se frayer un chemin,
mais également pour chasser
les chiens qui courent derrière
les vélos et qui risquent
de nous mordre les mollets.
Lors d’un précédent voyage,
un chien auquel on avait accordé
un peu d’attention ne
voulait plus nous quitter. Il
nous a suivis sur presque
vingt kilomètres. Il est même
venu avec nous dans un bistrot
et on devait expliquer
qu’il ne nous appartenait pas.
On ne savait plus comment le
faire rentrer. Ce klaxon est
donc devenu essentiel au
voyage. Il ne faut pas sous-estimer
sa puissance sonore.
Personnellement, je roule
avec des boules Quies.» FDT

BIO
EXPRESS
Famille
Né le 5 juin
1975. A grandi
en Normandie et
habite à Fribourg
depuis 2008.
Son père est
maçon, sa mère
horticultrice. Une
soeur. Marié à
Ursina,
ethnologue de
profession. Deux
filles, Azmina,
7 ans, et Aloune,
11 ans.
Formation
BTS (brevet
de technicien
supérieur) en
mécanique poids
lourd. Est parti
pour l’Irlande
en 1996 et n’a
cessé de voyager
et d’accumuler
des petits
boulots, ici
et ailleurs.
Profession
Photographe,
réalisateur
et monteur
autodidacte.
Hobbies
Vélo, escalade,
sorties en
famille. Compte
également
la vidéo parmi
ses passions.

 

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